Mouscron : la SPA accusée de maltraitance animale!

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Une dizaine d’anciens bénévoles de la SPA de Mouscron –  partis contre leur gré ou de leur propre chef  – ont décidé de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles vivent les animaux du refuge. « Maltraitance », « hygiène déplorable », « euthanasies à tour de bras », les témoignages pleuvent. Le personnel de la structure s’en défend. Une plainte a été déposée pour diffamation. Décryptage.

La situation ne daterait pas d’hier. Mais ces derniers jours, la polémique a enflé, lorsque Pierre, un ancien bénévole de la SPA, a posté un message Facebook sur la page de l’association. Dans ce dernier, l’homme annonce que lui et Mimi, une autre bénévole bien connue au refuge, viennent de se faire évincer par la direction «  pour avoir dévoilé des photos de chiens en bonne santé, euthanasiés malgré tout  ».

Rapidement, les internautes s’étaient insurgés, pointant du doigt les méthodes peu scrupuleuses de la directrice et du vétérinaire. Et allant même jusqu’à évoquer une forme de «  torture animale  ».

Si, depuis, le message a été supprimé, les témoignages résonnent encore. «  On a été interdit de séjour tout simplement. Parce que nous, on aidait vraiment, et on a vu des choses. Ça n’a pas plu  », note-t-il.

À ses côtés, Mimi, la cinquantaine, retient ses larmes. Celle qui a consacré sa vie au service du bien-être animal n’ira plus dans son deuxième foyer. «  J’ai toujours tout donné pour eux. Si les bénévoles n’étaient pas là, les animaux, vivraient dans des conditions horribles, encore plus qu’elles le sont aujourd’hui », déplore-t-elle

Insalubrité et maltraitance ?

Invit chasse oeufs 2017_Page_2.jpgParce qu’ils n’auraient pas voulu fermer les yeux sur les «  méthodes douteuses  » de la SPA, une dizaine de bénévoles ont dû, bon gré, mal gré, se retirer. «  Il y a des animaux qui pataugent dans leurs excréments car les ouvriers ne nettoient jamais les boxes. Les gamelles d’eau ne sont jamais remplies, parfois, il y a même de l’eau stagnante avec de la mousse verte dedans parce qu’ils les laissent dehors. Les employés n’ont aucune compétence. Ils ont été mis là alors qu’ils n’y connaissent rien en matière d’animaux  », précise une autre bénévole, qui est partie d’elle-même parce qu’elle «  ne supportait plus de voir les animaux souffrir  ».

De fait, ils sont beaucoup à témoigner de la maltraitance subie par les chats et les chiens du refuge : «  J’ai vu des petits chatons malades qui devaient normalement être mis en quarantaine dans des boxes à part, jetés dans les chatteries, pour mettre des chiens dans ces mêmes boxes, sans même les désinfecter . Des chats sont morts, et des chiens attrapent régulièrement des maladies  », reprend-elle.

Le vétérinaire mis en cause

Tous s’accordent à dire que les soins pratiqués sur les animaux sont réalisés dans des conditions d’hygiène déplorables, allant même jusqu’à mettre en cause Christian Breynes, le vétérinaire, rebaptisé par certains « le boucher de la SPA ». «  Son cabinet est dégueulasse ! La plupart des animaux ressortent avec des complications, des infections. On a même été obligés d’aller voir un autre vétérinaire un jour, qu’on a dû payer nous-mêmes, et qui nous a bien dit que c’était du travail bâclé, et que la plaie avait été refermée avec du fil de vache  », confie Pierre.

Les bénévoles dénoncent également des «  euthanasies à tour de bras  », alors qu’il resterait suffisamment de place au refuge : «  Au lieu de soigner les animaux malades, il les tue. Ça coûte moins cher, et c’est plus simple  », reprend-il.

Sans preuve tangible du reste, d’autres témoignages font état d’actes de torture pratiqués sur les animaux par les ouvriers, avant leur euthanasie : «  Les chiens ne sont pas nécessairement endormis avant d’être piqués. La dernière fois, un chien qui a senti qu’il allait être euthanasié s’est débattu. Ils l’ont tabassé pour qu’il reste tranquille.  »

Un dossier a été constitué par l’équipe de bénévoles, qui envisage de se tourner vers les organismes de protection animale. Une plainte devrait être déposée au commissariat sous peu, pour actes de maltraitance.

Article du site internet La Meuse.be

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