braconnage

  • 444 P.-v. dressés par l'Unité anti-braconnage en 2013 !

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    Statistiquement, le braconnage du grand gibier serait en baisse chez nous. Ceci depuis la réforme de la chasse voulue par José Happart au milieu des années 2000. Aujourd’hui, difficile en effet d’écouler pour un bon prix sa venaison. Mais pour les « passionnés », il reste le petit gibier (oiseaux, grenouilles...) et surtout l’adrénaline que procure la pratique !

    444. C’est le nombre de procès-verbaux dressés au cours de l’année 2013 par les membres de l’UAB (Unité anti-braconnage). Un nombre qui, pris dans son ensemble, ne choque pas par rapport aux années précédentes. Et pourtant, il y a bien une différence à relever en faisant le détail des chiffres : l’UAB, aujourd’hui, se préoccupe presque autant de conservation de la nature (39 % des p.-v.) que de chasse (43 %). La raison de ce glissement vers d’autres tâches d’une unité censée traquer les grands braconniers est à trouver... dans la diminution importante du nombre de grands braconniers. Pour un chasseur du Centre Ardenne, c’est la décision de José Happart, alors ministre wallon de l’Agriculture et de la Ruralité, d’empêcher la revente directe du gibier aux bouchers ou aux restaurateurs qui est en cause.  « J’ai mon permis de chasse depuis 1966 », explique-t-il. « Et jusqu’il y a quelques années, le gibier avait de la valeur. On voyait fleurir des bandes organisées qui écumaient les forêts (voir ci-dessous, NdlR). Ce n’est plus le cas depuis que Happart a décrété que tout le gibier vendu devait passer par des grossistes. Cela a fait chuter les prix. On est passé de 3 ou 4 euros le kilo à un euro pour du sanglier. Plus personne ne prend de risques pour de tels tarifs. »

    Capturer2.JPGSelon Alain Wilvers, responsable de l’UAB, d’autres raisons à cette diminution peuvent être avancées, en dehors de la baisse du prix.  « Les gens consomment déjà moins de gibier qu’avant » , précise-t-il.  « Puis les jeunes sont également moins motivés pour se relever en pleine nuit et courir les bois... En outre, il est plus facile que jamais, via internet, de commander de la viande sans passer directement par des braconniers. » Le responsable de l’Unité anti-braconnage rappelle également que, si le braconnage du grand gibier tend à diminuer, ce n’est pas le cas de la tenderie, qui consiste à attraper des oiseaux grâce à des pièges rudimentaires. « On remarque que ce sont souvent des personnes plus âgées qui la pratiquent », détaille Alain Wilvers.  « Ils se rappellent du bon vieux temps où la pratique était permise. Quant aux jeunes, ils utilisent ces pièges pour se faire de l’argent en revendant les oiseaux pris. »

    Malgré ces chiffres, notons tout de même que certains doutent de la diminution du braconnage au grand gibier. C’est le cas de Benoît Petit, président du Royal Saint-Hubert Club. « Même si le prix de vente de la venaison a diminué, le nombre de braconniers reste important », estime-t-il. « Je crois que ce qui les motive davantage, c’est l’adrénaline.