Un Liégeois s'apprête à participer à la course de chiens de traîneau la plus difficile du monde! (10/11/2014)

2056535569_B973949130Z.1_20141101182102_000_G7C3D5O3A.1-0.jpgJean-Luc Dawans a une passion peu commune. Depuis quelques années, ce Flémallois de 45 ans s’est forgé une solide réputation dans le monde des courses de chiens de traîneau. Le prochain défi qu’il tentera de relever avec ses huskys de Sibérie : participer à la « Grande Odyssée Savoie Mont Blanc » connue pour être la course de chiens de traîneau la plus difficile du monde.

C’est à Flémalle, juste à côté du Chateau d’Aigremont, que Jean-Luc Dawans a installé son chenil. Car oui, ce Flémallois, qui est aussi éleveur, vit avec ses chiens. 22 huskys sibériens à qui il voue un amour incomensurable et il ne faut pas être un fin observateur pour constater que c’est réciproque.

En janvier prochain, une dizaine de ces chiens-loups – «les meilleurs» – participeront à la «Grande Odyssée Savoie Mont Blanc», la grand-messe des mushers (les meneurs de chiens) venus du monde entier. Et Jean-Luc Dawans sera le seul Belge en lice parmi une douzaine de participants triés sur le volet.

«Depuis tout petit, je vis entouré de chiens, explique le Flémallois. Et l’envie de faire de la compétition avec eux m’est venue il y a quelques années. Je me suis alors rendu en France – qui reste à ce jour la meilleure nation au monde, avec la Pologne et la République Tchèque, au niveau des courses de chiens de traîneaux – où j’ai rencontré des gens exceptionnels qui m’ont conseillé et guidé. Ils ont compris que j’avais les capacités nécessaires et ils m’ont permis d’évoluer, jusqu’au niveau international.»

Évidemment, Jean-Luc ne peut s’entraîner quotidiennement à l’étranger. C’est ici, en Belgique, et plus précisément dans la région hutoise, qu’il s’entraîne jusqu’à six fois par semaine avec ses chiens. En traîneau? Non, bien sûr! «J’attelle en fait les chiens à un quad (dont le moteur est éteint, NDLR) et ils me tirent. Il fallait trouver un parcours adapté, similaire aux profils des courses. Et c’est ce que j’ai trouvé du côté de Huccorgne.»

Ce qui est assez frappant quand on regarde les chiens de Jean-Luc, c’est qu’ils n’ont pas l’air d’être des monstres de muscles. Ils sont même assez fins et secs. «Vous avez déjà vu un «gros» marathonien? rit-il. Oui, en effet, ils sont assez fins. Ce sont réellement des athlètes de haut niveau. Moi et ma femme, nous prêtons une attention très particulière à leur nutrition. Ils ont tous des rations différentes, selon leur état physique. Et je peux vous assurer que nous leur donnons la meilleure nourriture au monde!»

Des «athlètes de haut niveau» dont Jean-Luc Dawans est le coach, c’est, en faisant quelques raccourcis, comme ça que l’on pourrait le voir. «On travaille leur endurance, leur musculature. Par après, on affine leur résistance et leur vitesse. Et quand ils ont atteint une certaine condition physique, l’entraînement est encore plus ciblé.»

Le musher, lui-même, doit très bien être préparé avant d’entamer la périlleuse course. «Ce n’est pas la course la plus difficile au monde pour rien. Nous allons devoir parcourir environ 400 km sur quatre jours avec plus de 30.000 mètres de dénivelé positif. Nous monterons jusqu’à 2.500 mètres d’altitude et nous devrons peut-être affronter des conditions climatiques difficiles. Pour réussir, il ne faut pas avoir froid aux yeux.»

Ne prenez pas Jean-Luc pour un entraîneur tyrannique, pas du tout. Il suffit de le regarder entouré de ses chiens pour comprendre que la relation qui les lie entre eux est bien plus qu’une relation de maître à animal. Leur entente est fraternelle, fusionnelle. «Quand des chiens tirent un traîneau, ils aiment ça et aiment aussi et surtout vous faire plaisir.»

Jean-Luc et son entourage ont fait de gros sacrifices pour permettre au Flémallois d’atteindre un tel niveau. «Ce n’est pas facile de tout gérer. Quand je reviens du travail (il est technicien dans une société), je dois directement m’occuper des chiens. Les nourrir, les soigner… et les entraîner. Et au niveau financier, ce n’est vraiment pas évident. Pour vous donner quelques chiffres, la nourriture pour les chiens me coûte 500 euros par mois. Les frais vétérinaires sont également très importants. Leur état de santé doit être irréprochable et tous les vaccins doivent être faits. Et puis, pour participer à une course comme celle-ci, il faut compter un budget de 10.000 euros…»

Si Jean-Luc est considéré comme «élite sportive» belge, il ne bénéficie malheureusement pas de subsides. D’où l’importance de pouvoir bénéficier du support de sponsors. «J’ai signé un contrat avec un gros sponsor mais j’en recherche encore d’autres pour m’aider.»

La Grande Odyssée Savoie Mont Blanc sera retransmise en direct sur plusieurs chaînes françaises dont France Télévision et Eurosport. TF1 lui consacre quant à elle de nombreux reportages durant la course. Si Jean-Luc Dawans compte terminer la course à une belle place, ses ambitions à l’avenir sont très élevées. «Je veux tout simplement devenir champion du monde de la discipline (il a terminé 7ème en 2013, NDLR). Dans deux ans, c’est certain, je le serai», lance-t-il tout à fait sérieusement.

09:20 | |  Facebook | |