• Prolonger la « garantie » du chiot. C’est une des 24 recommandations pour améliorer le bien-être animal.

    sfg.JPGLe ministre Di Antonio a demandé à deux députés de faire un état des lieux de l’élevage canin et d’établir une liste de recommandations pour améliorer le bien-être animal dans ces lieux, mais aussi veiller à ce que les chiots adoptés soient en bonne santé.  

    « De plus en plus de cas de maltraitance animale nous sont rapportés quotidiennement », pointe le rapport élaboré par les députés Isabelle Moinnet et Philippe Dodrimont à la demande du ministre wallon du Bien-être animal, Carlo Di Antonio. « Des commerçants peu scrupuleux n’hésitent pas à mentir sur la provenance du chien et, pire encore, sur son état de santé. Certains chiots sont victimes de croisements génétiques défaillants », pointe le document qui dresse une liste de 24 recommandations. Ce jeudi, les deux députés l’ont remise au ministre.
    L’une des recommandations préconise de tenir compte des périodes réelles d’incubation des maladies virales chez le chiot. Actuellement, la période de garantie est trop limitée. Il faut la porter jusqu’à vingt jours après l’achat pour la maladie de Carré. De son côté, l’acheteur doit respecter le protocole de vaccination établi par l’éleveur.
    Le rapport se penche sur la situation désastreuse des chiots nés dans les pays de l’Est : ils « ne sont, non seulement pas sevrés, mais développent également des troubles du comportement ou des maladies infectieuses graves. Ces chiots ne sont pas assez, voire pas du tout sociabilisés ».
    Pour Philippe Dodrimont, il faut mener une réflexion entre les trois Régions et le Fédéral afin d’interdire la commercialisation des animaux importés. Dans une Europe de la libre circulation, une telle interdiction risque de ne pas aboutir, estime le ministre Di Antonio. Il propose une alternative. « Une solution serait de considérer que le chiot ne peut pas être séparé trop tôt de sa maman. En allongeant la durée du lien obligatoire avec la mère, cela devient plus compliqué d’importer. Une telle mesure ne pas être vue comme une restriction au commerce. De plus cela évite que les chiots soient sevrés trop tôt et qu’ils arrivent sans avoir été sociabilisés », détaille Carlo Di Antonio.
     
    meilleure sociabilisation
    Pour les auteurs du rapport, la sociabilisation de l’animal est l’un des points essentiels à améliorer. Ils prônent d’organiser une formation spécifique à l’élevage dans chaque province, à l’instar de l’IPAPME à Liège. Un module « sociabilisation » sera proposé. Par ailleurs, cette formation sera obligatoire pour tout nouvel éleveur voulant être agréé.
     
    La sociabilisation passe par une prise en charge des animaux par du personnel compétent. Les éleveurs doivent consacrer du temps à cet aspect. « Dès lors, il semble indispensable de devoir consacrer des moyens supplémentaires pour s’assurer du respect de cette réglementation relative à la sociabilisation ». Les députés veulent davantage de moyens humains à l’Unité du Bien-Être animal pour assurer un contrôle annuel de chaque élève. Enfin, le rapport propose de créer un label spécifique « Éleveur wallon », une référence de qualité fiable et une valorisation du travail des intéressés.
     
    « Ces recommandations viennent à point. Grâce au Code du bien-être animal en vigueur depuis le 1 er janvier, nous allons pouvoir les organiser sous la forme d’un arrêté à approuver par le Gouvernement wallon – ce qui pourra se faire avant la fin de la législature – avec une entrée en vigueur immédiate », annonce le ministre Carlo Di Antonio.